Chez Aristote, dans la Politique (politeia, « régime politique, gouvernement »), le gouvernement mené par une seule personne est une monarchie quand elle recherche le bien commun, une tyrannie dans le cas contraire.
Si ce gouvernement est assuré par une minorité de personnes, sous la direction d’un monarque, donc pour la satisfaction du bien commun, alors on parlera d’aristocratie. Dans le cas contraire, en tyrannie, ce sera une oligarchie la plupart du temps motivée par l’appât du gain. On voit bien ici, dans l’étymologie du vocabulaire politique, la différence entre les suffixes « -archie » et « -cratie ». Le suffixe « -archie » nous vient du grec arkhein, « commander », arkhós, le « chef » et arkhê, le « premier », tandis que « -cratie » nous vient de kratein, « gouverner » ou kratos, le « pouvoir ». La monarchie, c’est un seul chef à la tête de l'État, le premier, qui commande pour la satisfaction du bien commun, la cause publique. Elle est compatible avec l’aristocratie, le gouvernement des meilleurs qui forme le pouvoir exécutif. Mais elle l'est également avec la démocratie, le pouvoir suprême du peuple souverain. Ce dernier est en effet au-dessus du chef, le monarque qu’il se choisit pour le bien du peuple, et des meilleurs, les aristocrates qui exercent le pouvoir. Ce pouvoir exécutif est placé sous l’autorité du monarque, premier magistrat et de ses seconds, les juges constituant l'autorité judiciaire garante du respect de la loi émanant du peuple par la voie de ses députés qui forment le pouvoir législatif. L’exécutif exerce son pouvoir grâce à une chaîne de commandement qui est aristocratique. Elle est fondée sur la supériorité personnelle des dits aristocrates, qui n'est ni celle du nom, ni celle de l'argent, mais celle de leurs compétences, selon une hiérarchie fermement établie. L’autorité judiciaire qui s’impose à tous, se répartit quant à elle au sein d’une oligarchie qui n’est pas non plus fondée sur la richesse personnelle des dits oligarques mais, comme pour les aristocrates, sur leur supériorité personnelle, leurs compétences, puisque les magistrats demeurent sous l’autorité du premier d’entre eux, le monarque à la recherche du bien commun au nom du peuple souverain.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire