mardi 19 mai 2026

Du bipartisme

La tripartition du jeu politique moderne s'impose désormais de plus en plus à de nombreux régimes démocratiques occidentaux parmi lesquels figurent les plus anciens, dont le britannique et le nôtre structurés naguère autour de deux grands blocs se partageant alternativement le pouvoir. Réunissant en effet des hommes politiques rompus au jeu des alliances, ces deux grands blocs se fissurent pour engendrer un bloc central qui dérègle le fonctionnement démocratique du pouvoir fondé sur l’alternance entre une majorité et une opposition suffisamment structurées pour être clairement distinguées. Désormais au pouvoir dans notre pays, ce bloc central n’est plus confronté à un seul adversaire clairement opposé, mais à deux partis antagonistes repoussés aux extrêmes. Ces derniers sont alors condamnés à s’épuiser dans une lutte à distance stérile ou à combattre en ordre dispersé un bloc central bien soudé mais sans grande pertinence politique tant les clivages qu’il leur oppose ne sont pour la plupart que purement fictifs. Confronté à une opposition ainsi dispersée, le bloc central s’épuise à son tour dans des jeux d’alliance qui l’empêchent de gouverner efficacement faute de pouvoir réunir les majorités nécessaires au respect du jeu démocratique.

mercredi 25 mars 2026

Autorité et démocratie : le pouvoir en question

Puissance et autorité, pouvoir temporel et pouvoir spirituel, de la règle ou de l’esprit, souveraineté du peuple et indépendance de la justice, hiérarchie des pouvoirs, les deux principes de la Politique, le Droit international et le chaos des empires renaissants
Cet article est une mise à jour d'un article plus ancien tiré du glossaire ("du Pouvoir").
 

Dans la terminologie politique, la notion de pouvoir est le plus souvent exprimée par un suffixe emprunté du grec kratos, « pouvoir, puissance », dérivé de kratein, « exercer le pouvoir », « maîtriser », que l’on retrouve dans « démocratie ». Mais, l’idée de pouvoir peut être aussi exprimée par le suffixe arkhós, « dirigeant, chef, souverain », parfois traduit par « celui qui gouverne », « celui qui commande », qui détient l’autorité, dérivé de arkhein, « commander », que l’on retrouve quant à lui, dans « monarchie ». Selon le dictionnaire grec-français d’Anatole Bailly, le mot arkhê est polysémique en grec ancien. Il désigne tout à la fois le commencement, c'est-à-dire l'origine ou la cause, mais aussi la personne ou la chose qui commence, le chef, le premier d'une série. On retrouve ces nuances dans l’étymologie de « monarchie » (un seul chef), « anarchie » (absence de chef), « oligarchie » (un petit nombre de chefs), mais aussi de « archange » (premier messager) ou de « hiérarchie » (ordre de primauté à caractère sacré).

samedi 7 mars 2026

Du Droit des gens au Droit des peuples en passant par les droits de l’Homme

           Cet article est une mise à jour d'un article plus ancien tiré du glossaire ("Du Droit"). Il a été publié sous forme de Tribune K2 du 07/04/2026.

Le Droit, c’est « ce qui est juste ; ce qui est conforme à une règle implicite ou édictée », nous indique l’Académie en précisant que le mot nous vient au IXe siècle, du bas latin directum, « ce qui est juste », « justice », puis « règles du droit ». L’Académie distingue deux sens différents du mot, selon qu’il est employé au singulier (le Droit) ou, comme c’est le cas « le plus souvent », « au pluriel » (par exemple, les droits de l’homme).

jeudi 22 janvier 2026

L’État, L’Europe et le droit des peuples

vers une théorie de l’information revisitée au prisme des humanités, pour un renouveau démocratique indispensable à la paix civile dans le monde qui vient

(dernière mise à jour du 21/02/2026, cet article a fait l'objet d'une tribune K2 du 23/02/2026)

Le fondateur de notre Cinquième République, observant que « toute notre histoire » avait connu « l'alternance des immenses douleurs d'un peuple dispersé, et des fécondes grandeurs d'une nation libre groupée sous l'égide d'un État fort »[1], justifiait ainsi sa vision de l’État inspirant les grandes lignes de la Constitution qu’il proposera par la suite aux Français :