Excellent article de Benoît Heilbrunn, philosophe et professeur de marketing à ESCP Business School, sur XerfiCanal le 7 avril 2022 : Voilà l'ère du META et des METAVERS : les conséquences.
« le renseignement, c’est l’information juste, juste à temps, au service d’une action juste »
Excellent article de Benoît Heilbrunn, philosophe et professeur de marketing à ESCP Business School, sur XerfiCanal le 7 avril 2022 : Voilà l'ère du META et des METAVERS : les conséquences.
Comme annoncé dans le premier envoi de cette série de six articles sur Le nombre et l'unité dans l'ordre républicain, je reproduis ici cette dernière tribune sur ce sujet pour le Cercle K2. Elle s'appuie sur les 5 précédentes dont elle fait une synthèse pour tenter de montrer l'intérêt politique de cette "grammaire cybernétique" conçue pour organiser un espace universel d'information documentaire, en l'appliquant à la promotion d'un langage de raison qui aurait pu, par exemple, améliorer le traitement politique de la crise sanitaire dont nous venons de faire l'expérience.
Cette tribune s’inscrit dans une série de réflexions sur la république et l’information, dont les trois premiers épisodes nous invitaient à considérer : (1) le nombre et l’unité dans un ordre républicain redonnant à l’État une autorité nouvelle qui, associée à la maturité démocratique d’une saine relation entre collectif et individu, dans une société de l’information en gestation (2), redonnerait enfin au verbe politique tout son sens en s’appuyant sur (3) une nouvelle grammaire cybernétique. En démocratie, ce lien fondamental pour l’ordre républicain entre nombre et unité, ne peut pas en effet se contenter de ces automatismes réflexes que le traitement des données de masse, associé à une artificialisation de l’intelligence, apporte au stratège pour décider dans l’urgence.
Une fois analysées les relations entre nombre et unité dans l’ordre républicain, puis entre collectif et individu dans notre société de l’information, l’adoption d’une nouvelle grammaire cybernétique au service de la politique se révèle utile pour assurer à l’échelle de la Cité, cette alliance fragile entre confiance collective et responsabilité individuelle reliant le nombre à l’unité. Cette alliance consubstantielle à la démocratie, nécessite l’établissement d’un dialogue permanent et fluide entre collectif et individu, qui peut se réaliser grâce à la mise en œuvre d’un Système d’Information associant la puissance et la réactivité du calcul numérique à la sagesse et la perspicacité du raisonnement analogique, sur le modèle de notre fonctionnement cérébral qui associe la vivacité numérique de nos réflexes inconscients à la profondeur analogique de nos réflexions conscientes.
Avant de devenir cette technique moderne de fabrication de robots tenant compte à chaque instant des résultats, à la différence des automates traditionnels dont le programme était fixé une bonne fois pour toutes, la cybernétique traitait de l'art de gouverner. La maîtrise, à l’échelle de la Cité, de ce nouvel espace cybernétique dominé par l’information qui envahit nos sociétés modernes et se réfère à l’art de gouverner, ne peut pas, à l’évidence, se passer de ce grand système d’information à vocation universelle évoqué dans deux tribunes précédentes(1). Celui-ci repose nécessairement sur l’adoption par tous d’un langage commun, mais aussi et surtout d’une nouvelle grammaire associée redonnant au verbe politique toute sa force.
La relation entre collectif et individu dans une société de l’information en gestation
(Tribune K2 du 22/09/2021)
Dans un tribune précédente, je développais différentes approches politiques du rapport entre l’unité et le nombre, pour proposer un ordre républicain redonnant à l’État toute son autorité et au peuple sa souveraineté en favorisant un dialogue permanent reliant l’individu au collectif. L’individu ou l'unité y intervenait en tant que sujet moral, interprète majeur du jeu démocratique, qui porte personnellement l’action publique et anime l’échange, tandis que le collectif (le nombre), réservoir de données dont se nourrit l’échange, y était impliqué en tant qu’objet physique prioritaire, sur lequel porte l’action publique. Pour faciliter ce dialogue, je proposais le développement de Systèmes d’Information conçus à l’image d’une mémoire collective prenant pour modèle nos mémoires individuelles qui utilisent le calcul et le nombre au service de nos actions réflexes aussi bien que la pensée et l’unité au service de nos actions réfléchies. J’indiquais que la mise en œuvre de ce dialogue impliquant tout autant, sinon plus, les métiers que la technologie, imposait des efforts d’organisation en matière de méthodologie analogique associée à la pensée, qui allaient bien au-delà des seuls développements de la technologie numérique associée au calcul.
Je reproduis ici une tribune que j'ai signée pour le Cercle K2 en avril dernier. Ma réflexion sur ce sujet se poursuit et je travaille actuellement sur une suite qui sera publiée dès que prête.
L’histoire contemporaine nous donne à voir plusieurs variantes de la relation entre le nombre et l’unité dans l’évolution des systèmes politiques. Ces différentes approches peuvent nous aider à réfléchir aux grands principes de notre ordre républicain lentement mûri depuis la Révolution française. S’il convient sans aucun doute d’en maintenir les fondements, il faut inévitablement en adapter les pratiques à cette société de l’information émergente qui caractérise, dit-on, notre siècle naissant.