Ce qui fait qu’une chose existe et agit, emprunté du latin classique causa qui, au IXe siècle, avait pris dans un latin populaire le sens de res, « chose » (ce qui n'est ni une personne ni une action, qui se distingue de l’idée). Dans la langue populaire de la fin de l’empire romain, le mot prend au XIIe siècle le double sens de « cause » (ce qui fait qu’une chose se produit, la raison d’un fait) et de « procès » (ensemble de faits, de valeurs, d’intérêts propres à un groupe, affaire, chose pour laquelle on agit, on se bat, on plaide).
Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes (Bossuet).
L’homme d’État, comme le citoyen avisé ou l’honnête homme, est celui qui désire les effets des causes qu’il chérit. La notion de cause ne se conçoit bien, que dans sa relation à un effet qui donne tout son sens au verbe animant la pensée. C’est le verbe qui, dans la phrase, assure la liaison entre le sujet et l’objet, en indiquant la cause dont Thomas d’Aquin, à la suite d’Aristote, nous a rappelé, qu’elle était au cœur du travail de la raison dans la construction du savoir. Associée à l’idée d’analogie, la relation de cause à effet est assimilée à une identité inspirée de l’égalité de proportion mathématique, permettant ainsi de formuler par inférence, un jugement sur les objets qui s’offrent à la connaissance, pour établir un savoir.
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